Mission survivor 3

le 9 août 2006
jour 3 - 1.jpgCe matin nous utilisons pour la première fois le téléphone portable en guise de réveil. A 7 h la sonnerie retentie. Gui gui est le premier a émergé. Nous nous levons le dos un peu cassé. Le petit déjeuner est plus copieux : lait, chocolat, café, thé au lait, quatre quart.
Très vite nous démontons nos tentes, franouch part à l’approvisionnement en eau et pain

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Notre équipe se fait photographier en « flouté » par un motard allemand qui venait de se lever, trop de bière le soir donne une mauvaise vue le matin. Voilà à 8 h 20 nous partons pour 6 h de marche et 12 kilomètres. Tout est calme, pas de marcheur à l’horizon ni de canoïste. L’eau est limpide comme figée, pas un brin d’air. Le sentier est balisé en jaune et blanc et passe successivement par des plages de galets de grosseurs irrégulieres et de couleurs variant du rose au vert en passant par des blancs et noirs intenses.

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Puis ce sont des blocs de pierres qu’il faut désormais traverser.

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La bonne humeur est de mise nous avons rempli la moitié de notre mission. On longe des falaises, on traverse des passages accidentés parfois glissants, des forêts. jour 3.jpg
De ci de là quelques peintures rupestres. On marche en contrebas d’un camping. Ce camping n’est pas visible de la rivière. Il doit être à environ 1 h 30 de Sauze. Il est caché dans la forêt, des tentes sont disséminées sur une colline façonnée en terrasses. Les falaises nous surplombent. Nous profiterons de leur ombre durant près deux heures. Le paysage est époustouflant de beauté, il est propice au recueillement. Nous sommes seul dans les gorges. A pied comme en canoé c’est vraiment le paysage entre Gournier et Sauze qui est le plus beau.

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Au détour d’une falaise Franouch s’arrête perplexe. Comment poursuivre le chemin. Juste devant lui une faille. Comment passer cet obstacle. Juste à ce moment, deux jeunes hommes venant de nul part surgissent derrière nous. De suite ils prennent les choses en main.

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Le premier se glisse à l’intérieur d’une grotte, le second s’adosse à la faille. Il plaque son dos contre la paroi, appuie sa jambe droite contre la paroi d’en face, et demande à Franouch de lui passer tous les sacs à dos qu’il transmet à son ami qui est en contrebas de la faille. Guigui nous ouvre ensuite la voie.
Il se glisse à son tour dans la caverne. il s’allonge sur le dos, les jambes en avant et avance en poussant sur les mains et les jambes. Vainquant notre phobie, Danielle et moi nous nous y aventurons puis, François nous rejoins.

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A la fin du tunnel, une échelle est scellée dans la roche. C’est le chemin que nous devons emprunté. Nous récupérons nos sacs et sortons de l’autres coté de la faille.

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Il nous reste encore a passer le long d’une paroi rocheuse en se tenant à un filin fixé à la falaise,

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et à descendre une échelle peu confortable.

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Au bout de 3 h de marche, nous faisons notre première pause en-cas puis baignade. thumb_196_9671.jpg Gui gui est en pleine forme et nous fait rire en imitant le phoque sur un rocher. Nous profitons pleinement de ce moment privilégié. Il fait beau et cette randonnée est enchanteresse.
Nous marchons encore près d’une heures puis nous effectuons l’arrêt pour le déjeuner. Nous sommes un peu dépités car nous croisons une autre équipe qui nous indique que nous sommes à 1 h 30 du camp de nudistes. Il nous faudra éviter un nid de frelons qui a élu domicile sur une paroi rocheuse à 30 mn du camp. Cela signifie que nous ne sommes pas encore au cirque de la Madeleine et qu’il va falloir accélérer le pas car l’eau devient rare, je dois la rationner. Nous ne comprenons pas comment les loueurs peuvent indiquer 6 h de marche entre Sauze et Gournier. Il est près de 14 h, nous marchons depuis 5 h sans trop de pauses et nous pensons être qu’à mi-chemin.

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Désormais nous montons sur les hauteurs d’une falaise au cirque de la Madeleine.

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Et là, enfin la résolution de la première enigme nous saute aux yeux :  » les gorges de l’Ardèche sont envahies par de mystérieuses coquilles multicolores » ces coquilles sont ces multiples canoés qui sillonnent les gorges de l’ardèche. Suivant le loueur elles sont mauves, violettes, jaunes, ocres, oranges, bi ou tricolores. Nous oublions notre fatigue et la soif. Nous regardons ces touches de couleurs que Danielle prend en photos certainement pour en faire de merveilleux tableaux.
Enfin le camp de naturistes, nous n’avons vu aucun frelons. A la sortie du camp nous faisons une halte à l’ombre d’un arbre. Nous nous regardons éberlués, Gui Gui manque à l’appel. Je me sens coupable. Je n’ai donné aucune consigne si l’un d’entre nous se perdait, je n’ai donné aucun point de récupération. Après une dizaine de minutes, il arrive enfin. Il s’est égaré dans le camp. Il a évité de justesse 4 jeunes filles nues qui s’avancaient vers lui sur un des chemins du camping. Il s’en est tiré de justesse en se jetant sur le bas coté et en baissant les yeux. Ainsi, il n’a pas été repéré. Il faudra que j’ajoute quelques ligne à la fiche de GuiGui « expert en camouflage, aime les camps de naturistes » cela peut servir pour une prochaine mission.
Très rapidement nous arrivons à la cathédrale puis à la plage qui précéde le rapide de la Toupine. Ce sera notre dernière halte, il est 16 h. Nous plongeons nos corps brulés dans l’eau claire et fraiche pour en diminuer la température.

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Ce moment est un délice suprême, tout est calme, le soleil brille sur l’eau perlant la rivière de milles diamants. Une famille en balade nous échange quelques informations secrètes sur l’itinéraire des gorges contre des gorgées d’eau. Elle nous indique que nous sommes à 30 minutes du bivouac de Gournier et qu’un passage difficile avec des cordes doit encore être passé.

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A 17 h 10, nous sommes enfin à Gournier. Nous allons vite nous ravitailler en eau de source et d’un trait nous buvons chacun au moins un litre d’eau. Nous nous réconfortons autour d’un thé et d’un café puis montons nos tentes pour la nuit. Le campement ce soir est plein. Nous devons être au moins une centaine.

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Nous dégustons un cassoulet – tabasco et à 20 h 30 nous nous replions dans nos tentes. Notre mission est une réussite compléte. Demain il nous reste à établir l’itinéraire Gournier – Châmes. Aujourd’hui nous avons mis 9 h pour atteindre Gournier en marchant d’un bon rythme sans trop de pauses. L’eau est l’élément important pour cette randonnée. Partez avec au moins 2 à 3 l par personne. C’est une marche assez difficile par sa durée et la chaleur.